Un vent de contestation souffle sur les envolées du Sytral (revue de presse)

La réunion publique sur le projet de téléphérique entre Francheville et Lyon s’est heurtée début février à une défiance grandissante des habitants : craintes de nuisances supplémentaires, opposition nette (95% des sondés sont opposés à ce mode de transport), appel à la participation aux réunions publiques par des associations telles que TPàMC (Touche Pas à Mon Ciel), etc.

Le Sytral, autorité organisatrice des mobilités des territoires lyonnais, a tenté de justifier l’implantation de pylônes de 23 mètres de haut dans le quartier de la Confluence, arguant que le transport par câble pourrait être valorisé comme un « objet de tourisme » (Jean-Charles Kohlhaas, vice-président de la Métropole en charge des déplacements), mais les habitants comme les élus estiment que le projet est « déjà enterré » selon Pierre Oliver, maire LR du 2ème arrondissement et, pour Thomas Rudigoz, député LREM de le 1ère circonscription du Rhône, « la véritable solution, c’est le métro E ». La phase de concertation étant close, le vote sur la suite à donner au projet aura lieu en mai 2022.

Un revers difficile pour le Sytral, présidé par Bruno Bernard, Président EELV de la Métropole depuis 2020, et la contestation des syndicats concernant la décision d’allotir le réseau (c’est-à-dire diviser le marché en plusieurs lots) laisse présager un avis de tempête sur les transports lyonnais. Après avoir repris à Veolia la gestion de la distribution de l’eau (voir notre précédente revue de presse), la majorité écologiste décide de retirer à Keolis, seul exploitant depuis 1993 pour le compte du Sytral, la gestion du réseau TCL à l’occasion du renouvellement de la délégation de service public (DSP) en juin 2024. La nouvelle gouvernance du Sytral envisage deux lots principaux, un pour l’exploitation du rail et un autre pour la gestion des bus des zones urbaines de la région lyonnaise.

Les salariés des TCL sont vent debout contre le projet (70% de grévistes le mercredi 9 février), inquiets pour leurs acquis sociaux, leurs conditions de travail et la cohérence entre les modes de transport :  « les TCL sont (…) un patrimoine pour les Lyonnais. On ne comprend pas pourquoi on voudrait casser cette belle machine pour une affaire mercantile.(…) C’est au détriment des conditions de travail, c’est aberrant. Nous avons besoin d’une cohérence entre les transports » estime Thierry Pécoud, secrétaire général de la CGT TCL. Face au risque de conflit, la gouvernance écologiste du Sytral prévoit de définir « un socle social » pour « garantir à tous les salariés la continuité de tous leurs acquis et droits sociaux »…. « de la poudre aux yeux », selon Thierry Pécoud.

L’insertion du futur tram T9 quant à lui « sème la zizanie » selon Actu Est Métropole du jeudi 3 février 2022. Pour rappel, le T9 reliera en 2026 le sud de Vaulx-en-Velin aux Charpennes en passant par le nord de Vaulx-en-Velin et le campus de la Doua. Les riverains craignent la délinquance et le bruit et ne comprennent pas le passage par les Charpennes « où tout est déjà saturé ». La concertation continue en 2022.

Afin de compléter d’ici 2026 son réseau d’alternatives à la voiture individuelle dans l’Est lyonnais, le Sytral prévoit la mise en place d’une future ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) entre la Part-Dieu et Vaulx-en-Velin. Hélène Jouffroy, maire de Vaulx-en-Velin, se réjouit de ce travail de maillage, qui constitue pour Bruno Bernard « l’un des six projets importants de ce mandat ». « La route de Genas, particulièrement minérale, sera végétalisée et sécurisée » ajoute Jean-Michel Kohlhaas.

Le tram T10, qui reliera quant à lui la Gare de Vénissieux à Gerland en passant par Saint-Fons, fait l’objet d’une concertation avec les habitants de Vénissieux et Saint-Fons qui s’inquiètent de l’abattage de nombreux arbres (chênes verts à Saint-Fons, peupliers et magnolias à Vénissieux), de la démolition d’habitations et de portions de routes où la circulation sera tout bonnement interdite.

S’agissant des cyclistes, ils sont heureux de voir leur mode de transport propulsé au sens propre du terme à la place de véritable petite reine de la Métropole : les Voies Lyonnaises (nouveau nom du Réseau Express Vélo – REV) veulent concrétiser un paradis cyclable de 250 km d’ici à 2026 à 350 km à l’horizon 2030. Les 13 lignes de ce réseau desserviront 49 communes de l’agglomération lyonnaise et offriront des voies de 3 à 4 mètres de largeur, séparées de la circulation piétonne comme automobile, inaccessibles aux stationnements sauvages et dotées d’une signalisation propres. Une vitrine sereine pour la majorité métropolitaine et pour les mollets entraînés ou… électrifiés.

Laurence

Sources

  • « Téléphérique : dans le 2ème, toujours de frictions sur la ligne » – Le Progrès – 09/02/2022
  • « Télécabines : nouvelles manifestations ce dimanche » – Le Progrès – 09/02/2022
  • « A Lyon, la majorité écologiste change les règles du marché des transport » – Le Monde – 09/02/2022
  • « Grève dans les transports en commun ce mercredi : les raisons du conflit » – Le Progrès – 09/02/2022
  • « Futur Tram T9 :  le terminus à Lyon sème la zizanie » – Actu Est Métropole – 03/02/2022
  • « Lyon : un bus à haut niveau de services reliera la Part-Dieu à Vaulx-en-Velin en 2026 » – 20 minutes – 09/02/2022
  • « Tram T10 : le projet en débat en visio-conférence ce jeudi » – Le Progrès – 09/02/2022
  • « Voies Lyonnaises, cyclistes heureux » – Au Fil de Lyon – Février 2022

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